Le 26 juin 2010
se tenait un tournoi de boxe libre organisé par la Vlaams-huis et Opstaan.
Une manifestation était organisée à l’appel de « Alternative Libertaire », du MRAP, des jeunesses
communistes de « Turbulences sociales » mais aussi du PCF et du syndicat SUD.
Cette manifestation a fait l'objet d'un article dans le journal Nord-Eclair :
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Depeches/2010/06/26/nef-1243289.shtml
L'appel à cette manifestation avait pour intitulé : « Manifestation antifasciste en réponse à la tenue d’un concert
néo-nazi». ».
Seulement 150 personnes y ont participé, et déjà lors des manifestations au moment de l'implantation de la Vlaams-huis à Lambersart le nombre des militants antifascistes peinait à dépasser la
centaine.
Cent antifascistes dans une métropole qui compte plusieurs millions d'habitants, 100 ou 150 personnes qui en deux années ont été incapables de quoi que ce soit pour empêcher les identitaires de
s'implanter et de progresser, et en général incapables de contrer l'extrême-droite, rien que ce petit bilan devrait nous inciter, nous autres antifascistes, à vouloir changer une fois pour toute
de méthode.
Nous avons en effet tout faux ou presque.
Premièrement, nous, antifascistes, sommes englués dans une sorte de syndrome de toute puissance.
Nous pensons que nous pouvons tout faire et que nous serons directement entendu, mais cela est
faux.
Le rapport social s'est inversé entre aujourd'hui et hier.
La gauche et l'extrême gauche sont aujourd'hui minoritaires, tout comme l'extrême droite l'était au
temps des années de plomb.
Organiser des manifestations antifascistes est dans ce contexte une erreur qui ne sert qu'à étaler publiquement notre indigence numérique.
Ce fait doit nous amener a prendre conscience de notre faiblesse, nous devons nous connaître mieux et agir selon cette connaissance de nous-mêmes.
Nous devons développer des méthodes adaptées, des méthodes qui se fondent sur notre réalité
minoritaire.
Seul l'activisme fondé sur des noyaux militants composés de quelques individus peut réussir à propulser
l'antifascisme dans le peuple. Seule l'action énergique de propagande et d'agitation par ces noyaux est aujourd'hui adapté et ce, compte tenu de notre faiblesse et de l'inversion du rapport
politique tel qu'il a été souligné plus haut.
Ainsi donc, nous devons nous percevoir comme minoritaires et à ce titre utiliser les méthodes de l'influence des minorités.
Ensuite, nous devons sortir de notre torpeur intellectuelle.
Oui, nous les antifascistes, nous sommes des fainéants de la pensée et cela doit changer si nous voulons
grandir. Combien parmi-nous ont lu, par exemple, les textes de l'abbé Gantois ou même simplement pris la peine d'étudier l'histoire des mouvements flamands dans notre région ? Personne ou
presque.
Et notre fainéantise a une cause essentielle, c'est notre arrogance. Nous croyons tout savoir sur tout et en
fait nous disons n'importe quoi comme des roquets hargneux. Cela nous nuit et même nous mène à notre perte.
Ainsi comment avons nous pu appeler à manifester contre la tenue d'un « concert néo-nazi organisé par la Vlaams-huis » ; alors même que tout cela est strictement faux ? Si ce n'est
parce que nous sommes des paresseux incapables d'étudier ce qu'est la Vlaams-Huis et incapables de nous pencher une minute sur ce qu'est devenu le groupe hollandais Brigade M ?
On a ainsi publié sur Indymédia que :
« Depuis 2008, la maison flamande a ouvert ses portes dans la ville de Lambersart et regroupe à elle seule toute la faune de militants identitaires, fascistes et
néo-nazis que la région Nord-Pas-de-Calais peut compter. Pour cette soirée du 26 juin c’est un mélange de RIF (Rock Identitaire Français) et de RAC (Rock Against Communism) qui est prévu, une
jolie mixture entre régionalisme, identité, xénophobie et nostalgie du 3ème Reich ».
Il faut s’intéresser un peu au Groupe Brigade M. Certes Brigade M a débuté sur une ligne clairement néo-nazie, sauf qu'entre temps le groupe a évolué, aujourd’hui ce groupe s'est rallié au
projet identitaire, le groupe ayant fait le ménage dans ses rangs pour se mettre au service de l’ « identité », de la Métapolitique, du principe comme quoi la culture a un rôle
politique parce que tout est politique.
Si nous avions fait un petit effort, nous nous serions rendu compte par exemple que Brigade M a plusieurs fois refusé de faire des concerts parce que le public
présent était constitué de ...partisans du nazisme !
N'avons-nous donc aucun sens du ridicule ?
Nous, les antifascistes, devons aussi reconsidérer ce qu’est vraiment la vlaams-huis et reconsidérer ses liens avec Opstaan.
Quelle bande de crétins sommes nous pour écrire de tels mensonges ?
Ces deux derniers groupes qui au final forment un même réseau sont d'abord l’expression culturelle d’une
alternative politique et ce, en contexte de crise générale du capitalisme.
Leur mission intime est d'assurer la mutation du capitalisme.
Par capillarité, autant la Vlaams-Huis que Opstaan suscitent l’adhésion de personnes venant des rangs
inférieurs de la bourgeoisie, qu’on nomme improprement « classes moyennes » et de personnes qui du point de vue de leur rôle dans le mode de production, sont des prolétaires, notamment
ceux qui fréquentent assidument le bar de la Vlaams-huis, devenu un bar de quartier et donc un lieu « populaire ».
La raison profonde, la cause de la Vlaams-huis et de Opstaan résident dans ce projet d’alternative politique,
ils sont subversifs en ce qu'ils proposent un modèle de remplacement, qui permette de préserver la propriété privée en collant à des problématiques environnementales ou sociales.
D’où le « consommez local », d’où les initiatives en faveur de l’emploi, d'où les actions
humanitaires.
Les présenter comme des néo-nazis est une lourde erreur. Cela n’est ni plus ni moins que du gauchisme hystérique, car ils n'avancent pas sur cette base et il ne s'agit pas d'un cercle de
nostalgiques du 3ème Reich, ils représentent au contraire un projet actuel et en phase avec la crise du capitalisme.
La Vlaams-Huis et Opstaan ont dépassé la crise infantile propre aux mouvements d’extrême droite depuis bien longtemps !
Ne pas le voir, c’est singulièrement s’exposer à de terribles retours de bâtons dans notre camp, dans le camp des antifascistes.
Nous devons donc arrêter aussi de mentir.
Non les identitaires ne sont pas des nazis !
Et si l'on doit les combattre, faisons le sur les bases politiques véritables, celles de ce qui fait leur
projet.
Car en effet, et même si d'autres critiques pourraient encore être faites, on se tiendra finalement à celle-ci : nous autres antifascistes nous n'avons pas de projet ! La Vlaams-Huis et les
identitaires eux en ont un !
Quel est notre projet en effet ? Mis à part se résumer éternellement à être « anti » et nous définir uniquement de manière négative, et vivre contre eux
au point de devenir l'ombre de leur ombre ?
Le moment n'est-il pas venu de nous construire en prônant des valeurs positives ? Le moment n'est-il pas venu
de la décrire cette société que nous voulons et qui corresponde à ces valeurs ?
La réalité c'est que nous n'avons nons seulement aucun modèle de société à proposer, nous les anti-fascistes,
mais même pas l'envie de débuter un travail de construction de ce modèle.
Nous sommes des nihilistes !
Comment, dans ces conditions, pourrions-nous espérer battre un jour les identitaires, et mobiliser qui que ce soit, alors que précisément les identitaires veulent le bien des leurs, tandis que
nous mêmes nous sommes incapable de chercher un projet de société qui tende au bonheur de toutes et de tous ?
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seb59