discours prononcé le 04/10/2011 à Lille fives,
On dit que dans la nuit des temps
les hommes allumaient des feux,
des feux
afin de se rassembler, afin d'avoir moins peur
pour que chaque soir et toute l' année
la lumière puisse triompher
de la grande noirceur
En ce jour ,
à l'heure de célébrer la naissance de la lumière qui éclaire notre volonté,
l'heure est venue de dire aux citoyens de cette région et de ce pays
et au restant du monde que nous sommes là
avec le feu bien allumé dans nos mains et une détermination sans faille dans nos yeux et l'esprit et le cœur prêt au combat
et que nous y serons, et nous resterons avec nos musiques , nos chants et nos traditions
jusqu'au bout.
jusqu'au jour où "notre matin va se lever"
Nous sommes tous fils et filles d'aventuriers
fils de nomades et d'émigrés
coureurs des bois, grand conquérant et navigateur ,
et avaleurs de continents
partis à la conquête d'un monde qui nous ressemble
et le jour viendra où nous aurons notre paradis
Et l'heure est venue de dire ce soir
que si nous avons vécu et vivons dans la peur de disparaître
et dans l'oubli d'être fiers de nous-mêmes
si nous avons longtemps été tenus à l'écart des décisions
dans des hivers de glace et de survivance qui on refroidis notre âme et nos envies de liberté
que nous savons et connaissons les peines de l'exclusion et de l'incompréhension
alors
et nous disons à ceux qui peuvent se sentir ce soir exclus du combat
que ce pays que nous voulons
nous le voulons avec eux et pour eux
et que nous garderons l'esprit clair et le cœur ouvert
en dépit de tout ce qu'on peut tenter de faire croire de nous
Nous avons dans nos veines
le sang chaud et volontaire de la classe ouvrière , la sueur du travail de nos ancêtres et de nos croyances, et le courage de nos soldats tombés sur tous les champs de batailles
mais nous avons aussi de l'Europe dans le sang
et qu'on se le dise car notre avenir dépend de nous - de nous seuls -
et de notre capacité à trouver ensemble
le sens du combat qui nous rassemblera
Oui l'heure est venue ce soir et demain
d'aller dire au monde
à l'université, à l'usine, au bureau, dans nos maisons, à nos familles
la beauté toute légitime de notre aventure
Notre nationalisme n'est rien d'autre
que la manifestation positive de notre instinct de survie
comme aujourd'hui le solidarisme français est l'instinct de survie des français
comme celui des Irlandais et des Tchèques et des Slovaques
qui ont choisi de se laisser vivre en paix
ensemble et chacun de leur côté
notre nationalisme n'est pas régional et coupé du monde
il est international et dans le monde
commun à tous les peuples qui ont soif d'être eux-mêmes
et de décider de ce qu'ils deviendront
Et ce soir nous avons le devoir de nous souvenir de nos rêves
et par nos chants et nos musiques, par notre culture
lancés dans le génie de cette langue qui est la nôtre
de renouer avec l'aventure d'être ce pays
Et que les habitants de cette terre soient nés
en Italie, en Grèce, en Russie, en Gaspésie
qu'ils sachent que le flambeau de la liberté leur est tendu
que le combat d'aujourd'hui est aussi le leur
parce qu'il est celui de la lumière et de leur avenir
Et il ne tient qu'à nous
et à la façon que nous aurons d'être et de travailler ensemble
pour que nos colères ne soient plus vaines
pour que nos avancées soient décisives
et que les rêves de nos pères aient force de loi
Amis solidaristes de France et d'Europe
vous êtes la mémoire, la réalité et l'avenir de ce monde
puisse le feu de notre fraternité rassemblée
briller pour l'éternité
claude hermant,
La maison du Peuple Flamand, au nom de laquelle je parle exclusivement, puissance invitante aujourd’hui, est heureuse de vous accueillir aussi nombreux, et aussi déterminés, dans notre bonne
ville de Lille.
Si nous sommes à Lille aujourd’hui, ce n’est pas le fait du hasard. C’est parce que Lille est la ville natale d’un grand homme. Même de plusieurs
en vérité. Mais celui qui nous intéresse aujourd’hui, et devant la statue duquel nous sommes, s’appelait Roger Salengro. Il fut autrefois maire de Lille, et ministre du Front Populaire.
Mais plus que l’homme, ce sont ses actes qui retiennent aujourd’hui notre attention. Alors, il est temps de corriger quelques petits raccourcis historiques, et de rétablir quelques vérités, car
nous ne saurions rien construire de neuf et de viable si nous nous contentons de légendes et d’approximations.
Lorsque nos détracteurs nous disent que Roger Salengro n’est pas le père de la loi qui introduisit le principe de préférence nationale en France en matière de travail, ils ont à la fois raison
et tord.
Raison car la loi qui a été réellement votée, n’as pas été présenté par Roger Salengro. Elle s’en inspire, certes, mais n’en reprends pas tous les éléments.
Mais tord aussi, car si Salengro ne fait pas passer sa loi, du moins en a-t-il proposé une toute proche.
L’époque, nous sommes en 1931, est difficile pour les travailleurs Français. La première crise économique capitaliste d’ampleur internationale vient de passer par là, semant doute et misère
partout. L’objectif est alors, pour les socialistes, de préserver autant que faire se peut l’emploi des français d’abord. Réflexe naturel qui fait l’unanimité à l’époque, car nous ne nous
sommes pas encore fourvoyé dans des idéologies stupides et contre nature.
Ils proposent donc deux mesures, dont seule la première sera reprise par la suite. Quelle est cette première mesure ? Il s’agit de limiter dans les entreprises la présence de travailleurs
étrangers à 10% du personnel. C’est ni plus ni moins l’application de la préférence nationale, ni plus ni moins que l’application d’une mesure de bon-sens qui dit : les nôtres, notre
peuple, doit pouvoir accéder en priorité à l’emploi, car c’est à lui que nous devons penser d’abord.
La seconde, et qui n’a pas été retenue dans le texte voté par la suite, précise qu’il doit y avoir égalité de salaire entre les travailleurs français et étrangers. Et c’était une mesure
intelligente ! Car, loin d’un humanisme bêlant tel qu’on le connait de nos jours, le but était alors de rendre l’appel à la main d’œuvre étrangère inutile. Car, si l’on doit payer un
étranger le même prix que ce qu’on paiyerait un français, à quoi bon embaucher un étranger ? Il n’y a plus d’intérêt financier pour le grand patronat, et on coupe l’herbe sous les pieds de
tous ces industriels indélicats qui seraient tentés de faire passer leurs bénéfices avant l’intérêt commun.
Voilà l’héritage de Roger Salengro ! Voilà l’œuvre, réelle, de celui qui fut tant aimé de ses administrés, tant aimé des Lillois. Car il a consacré toute sa vie à améliorer les conditions
d’existence de ses compatriotes, soutenant leurs revendications, les aidant financièrement pendant les grèves, se vouant corps et âme à son peuple.
Le 17 novembre 1936, Roger Salengro est à Lille. Il est depuis quelques temps ministre de l’intérieur du Front Populaire. Il rentre chez lui, au 16 boulevard Carnot, et se prépare à rejoindre
Paris dans quelques jours. Là, il croise un lillois qui le reconnait, l’insulte et lui crache à la figure. Pourquoi ? Lui qui a tant donné ?
Parce que depuis plusieurs années, un soupçon pèse sur Roger Salengro. D’abord lancée en 1923 par les communistes, tous ses ennemis s’emparent par la suite de cette histoire et monte une
campagne énorme contre le ministre.
Rendez-vous compte : Roger Salengro aurait déserté le front en 1915. En réalité, il a été fait prisonnier, mais la rumeur monte et s’amplifie dans tout le pays, jusqu’à ce crachat de
mépris et de haine contre le pleutre supposé.
Roger Salengro rentre chez lui, où il vit seul depuis le décès de son épouse 18 mois plus tôt. Il met son chat à l’abri, écris deux lettres d’adieux, puis ouvre le robinet du gaz de ville, et
meurt.
Il est mort car pour cette race d’hommes, les notions d’honneur et de probités avaient encore un sens. Pour cette race d’hommes, on ne tentait pas de laver son nom en passant chez Claire
Chazal.
Et on voudrait nous renier le droit, aujourd’hui, de lui rendre hommage ! Mais nous sommes les héritiers de tels hommes, et nous en sommes fiers ! Salengro n’appartiens pas au parti
socialiste, pas plus que ce dernier ne peut se réclamer du SFIO ou du Front Populaire !
Alors que nous, nous sommes légitimes ! Nous sommes légitimes parce que nous faisons notre part du contrat, nous tenons notre rang !
Nous sommes légitimes car nous sommes ceux qui créent la richesse de ce pays. Et oui, le PIB, c’est nous !
Nous sommes légitimes car nous sommes solidaires !
Solidaires de nos anciens, solidaires de ceux qui sont malades, solidaires de ceux d’entre nous qui n’ont pas de travail, parce qu’ils sont trop jeunes, parce qu’ils sont trop vieux, parce
qu’ils sont trop pâles pour Mme Lauvergeon et autres, parce qu’ils ont été, tout simplement, sacrifiés sur l’autel du toujours plus de pognon, qu’ils ont été broyés par la recherche du profit
maximum pour un minimum de privilégiés.
Nous sommes solidaires car nous sommes l’armée des « sans », s.a.n.s. Nous sommes les sans-grades ! Nous sommes les sans-culotte de 1789, nous sommes les sans-chemises, les descamisados chers à Evita, nous sommes les Canuts, qui allons pied-nu, de Lyon !
Aujourd’hui est un jour historique. C’est un hommage, c’est vrai, à Roger Salengro et à tous ceux qui, à son image, ont lutté pour les travailleurs français, mais c’est aussi une
invitation.
Invitation à la lutte et au combat, car si nous ne sommes des nostalgiques de rien, si nous ne sommes attachés à aucun folklore, juste à des traditions, nous connaissons notre histoire et
savons bien qu’il n’y a jamais eu de progrès social pour notre peuple sans lutte et sans combat ; mais que sans lutte et sans combat, on peut tout perdre !
La maison Flamande et Opstaan sont fiers de se mettre aujourd’hui dans les rangs de la résistance, au côté de nos camarades, pour, tous ensembles faire Front, un Front Populaire et
Solidariste.
luc
pecharman.
————————————————
OPSTAAN - LA MAISON FLAMANDE - LA MAISON DE L'ARTOIS
Sites internet : www.opstaan.eu ; www.vlaams-huis.com
Contacts : contact@opstaan.eu ; vlaams-huis@hotmail.fr ; lartesienne@laposte.net
Tel. 03 20 92 47 31
Adresse postale : 144, rue Flament Reboux 59 130 Lambersart
————————————————